Philippe Claudel – Le rapport de Brodeck

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Un collègue m’a conseillé ce livre, un matin. J’avais déjà lu La petite fille de Monsieur Linh, du même auteur. Le même jour, à midi, je pars faire un petit tour, passant devant un bouquiniste. Le livre était dans la vitrine. J’ai pensé que c’était un signe. Je suis entrée et je l’ai acheté.

Je l’ai ouvert ce matin, vers 7h, mon fils squattant mon ordinateur, et je l’ai refermé ce soir, vers 21h. Autant vous dire qu’aujourd’hui, j’ai vraiment fait le strict minimum, mais bon, c’est ça, les vacances, pour moi!

LE QUATRIÈME DE COUVERTURE

Je m’appelle Brodeck et je n’y suis pour rien. Je tiens à le dire. Il faut que tout le monde le sache. Moi je n’ai rien fait, et lorsque j’ai su ce qui venait de se passer, j’aurais aimé ne jamais en parler, ligoter ma mémoire, la tenir bien serrée dans ses liens de façon à ce qu’elle demeure tranquille comme une fouine dans une nasse de fer.

Mais les autres m’ont forcé: « Toi, tu sais écrire,  m’ont-ils dit, tu as fait des études. » J’ai répondu que c’étaient de toutes petites études, des études même pas terminées d’ailleurs, et qui ne m’ont pas laissé un grand souvenir. Ils n’ont rien voulu savoir: « Tu sais écrire, tu sais les mots, et comment on les utilise, et comment aussi ils peuvent dire les choses […]. »

Un petit village de montagne vivant en quasi-autarcie, à la frontière d’une nation conquérante. La guerre s’est terminée il y a à peine un an.

On est dans un monde inventé. Les noms, les situations sont fictifs, mais tout cela ressemble furieusement à la 2e guerre mondiale, sur fond d’occupation, de dénonciation, de déportation, de tortures, de sévices, d’avilissement qui ont été mis à jour par tant de récits de guerre. La guerre qui montre l’aspect le plus noir de chacun.

Le village a « oublié », occulté tous les événements, les actes peu glorieux de chacun. Mais les cicatrices sont encore à vif.

Un étranger arrive et toutes les plaies se mettent à suinter…

Je me suis sentie nauséeuse, par moments, comme cela m’est déjà arrivé en lisant des récits de camps de concentration, de voir à quel point l’être humain peut être monstrueux et sans empathie envers ses semblables.

Le livre pointe du doigt l’effet que peut avoir « le troupeau » sur l’individu: « Moi, je les ai vus les hommes à l’oeuvre, lorsqu’ils savent qu’ils peuvent se noyer, se dissoudre dans une masse qui les englobe et les dépasse, une masse faite de milliers de visages taillés à leur image. On peut toujours se dire que la faute incombe à celui qui les entraîne, les exhorte, les fait danser comme un orvet autour d’un bâton, et que les foules sont inconscientes de leurs gestes, de leur avenir, et de leur trajet. Cela est faux. La vérité c’est que la foule est elle-même un monstre. […]. »

Le genre de livre qui fait réfléchir…

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