Douglas Kennedy – La Poursuite du bonheur

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Editions Pocket (Origine: Belfond 2001)
774 pages

Kate Malone, New-Yorkaise quarantenaire, enterre sa mère dont, malgré un frère, elle a été seule à prendre soin les dernières années. Les obsèques ramènent Charlie, frère prodigue, mais aussi une femme dont Kate ignore tout.

Sara Smythe la contacte le lendemain, se présentant comme une vieille amie de ses parents et lui donne un manuscrit qui l’aidera à comprendre son rôle dans les origines familiales.

De la jeunesse dorée de la fin de la guerre en 1945 aux heures sombres de la chasse aux sorcières de McCarthy, les destins des Smythe et des Malone vont s’entrecroiser et avoir une influence certaine les uns sur les autres.

La vie, tout simplement, avec ses périodes de bonheur et celles de malheur, influencée par nos choix, bons ou mauvais. Tel est l’objet de ce roman de Douglas Kennedy, découvert avec Quitter le monde, dont je m’étais promis de lire d’autres romans. C’est chose faite. Et je suis emballée. De l’amour, des déceptions, des décisions difficiles à prendre, une vraie connaissance de l’existence que vivent la plupart des gens, même si elle est souvent moins mélodramatique et que nos choix ont des conséquences de moindre impact que ceux des personnages de ce roman.

Et ce livre m’a permis d’en apprendre un peu plus sur ce qu’était les Maccarthysme et comment il avait été vécu. Même si ce n’est pas une période qui grandit l’être humain à mes yeux, j’aurai un peu agrandi ma culture générale…

Commencé le 30 décembre à 16h, je pensais que ce roman constituerait l’objet de ma première chronique 2016, mais il s’avère que, finalement, j’aurai pu boucler mon année avec un roman que j’aurai envie de partager avec vous dès après sa fermeture et me permettre d’ainsi participer, sur le fil, pour le mois de décembre, au Challenge de Bianca, du blog deslivresdeslivres

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Ken Follett – La chute des géants (Le Siècle #1)

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Éditions Robert Laffont
997 pages

22 juin 1911

Le jour du couronnement de Georges V est aussi le jour où le jeune Billy Williams, 13 ans, fait sa première descente au fond de la mine galloise où travaillent tous ses concitoyens. C’est un jour important… même sa sœur, employée au « château » du Comte Fitzherbert, propriétaire des terres où se situent les charbonnages, est venue saluer l’événement.

1914

Le Comte, accompagné de sa sœur et de son épouse russe, reçoit le Roi et des amis allemands, autrichiens, français, américains. Tout ce petit monde de la Haute société devise tranquillement de la théorique possibilité qu’éclate un conflit armé en Europe. Pendant ce temps, un coup de grisou se produit au fond de la mine non loin de là et Billy se comporte en héros pour aider ses compagnons d’infortune.

Ce sont tous ces protagonistes et leur entourage proche ou moins proche que nous allons suivre jusque 1923.

Mêlant les personnages romancés aux célébrités historiques, Ken Follett nous fait vivre de l’intérieur tous les événements qui ont marqué cette décade: la première guerre mondiale, bien-sûr, avec les tergiversations quant à l’entrée en guerre ou pas des uns et des autres, mais aussi la révolution russe et l’avènement au pouvoir de Lénine, la montée du syndicalisme qui aide à la mise en place de progrès de sécurité dans les charbonnages et le peu d’entrain qu’y mettent les exploitants, la montée aussi du féminisme, la mise en place du suffrage (quasi) universel, et ces « géants » qui refusent de voir le monde évoluer et sa maîtrise leur échapper.

Nous terminons ce premier tome en Allemagne, où un certain Adolf Hitler vient d’être arrêté pour avoir mené une tentative de coup d’état et où, hormis une partie de la population qui aspire à la paix, le peuple rêve de revanche face à l’humiliation subie lors de la signature du Traité de Versailles.

Une magnifique fresque historique, sur une période que je connaissais peu et à laquelle je m’intéresse un peu plus depuis quelques mois. On vit les événements de l’intérieur, à travers le prisme des habitants de chaque nation impliquée et cette façon de voir les choses nous permet un peu mieux de comprendre certains événements.

J’ai vraiment hâte de lire la suite.

La France au XIIe siècle – Clara Dupont-Monod – Le roi disait que j’étais le diable

imageEditions Grasset – 237 pages

Une époque que je connais mal, le 12e siècle en France. Quand Priceminister m’a contactée pour les matchs de la rentrée littéraire 2014, c’est le livre que j’avais envie de lire.

Aliénor d’Aquitaine, 15 ans, épouse Louis VII, d’à peine deux ans son aîné, fraîchement couronné Roi des Francs, dit « Louis le Jeune ».

Le peu de données certaines quant aux jeunes années de ces souverains laisse la part belle à l’imagination et c’est sur cette époque, leurs 15 années de mariage, que porte ce roman.

La narration est portée tantôt par Aliénor, jeune femme du Sud, élevée dans la langue d’Oc, parmi les troubadours, les seigneurs guerriers et conquérants, les femmes toutes puissantes sur le cœur des hommes, tantôt par Louis, élevé en vue d’entrer dans les ordres, citant les écritures, d’une piété sans faille, couronné seulement parce que son frère aîné, Philippe est mort dans un bête accident de cheval, causé par un cochon…

Chacun d’entre eux va tenter de changer l’autre. Aliénor, convaincue que ce sont les conquêtes et les batailles qui font le grand souverain, le pousse à unifier de force le royaume, troublée par l’image qu’il lui a laissée lorsqu’elle l’a poussé à prendre de force la ville de Vitry et qu’il s’est laissé envahir par l’ambiance du champ de bataille. Louis, sûr de pouvoir la ramener à ses raisons, va l’emmener en croisade vers la Terre Sainte.

Mais leurs différences de vue sont trop importantes…

J’ai fait en parallèle des recherches sur ces souverains que je ne connaissais pas du tout et j’ai aimé découvrir cette histoire de France dont j’ignorais tout. Cette période entre l’empire de Charlemagne et le Royaume de France, où le territoire qui forme aujourd’hui la Belgique était divisé en comtés, vassaux du Roi des Francs, mais préférant commercer avec l’Angleterre.

J’ai trouvé que la fière Aliénor ne mettait pas beaucoup de bonne volonté à s’entendre avec son époux. Quelles certitudes dans les jugements que l’auteure lui prête…

Bref, vous l’aurez compris, un grand intérêt pour moi vis-à-vis de ce livre.

Emile Zola – Au bonheur des dames

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Zola, un auteur que j’aime beaucoup. Il relate la misère humaine de telle manière qu’on se dit qu’on aurait pu faire partie de ce monde, si on avait vécu dans le milieu ouvrier de l’époque. Germinal, ça pourrait se passer dans ma région minière… c’est plutôt dans le Nord de la France, en fait que ça se passe. Mais, entre le Borinage, où vivaient mes aïeux, et la région où cela se passe, il n’y a pas loin… et mon arrière-grand-père paternel était mineur… et syndicaliste! Bref, Germinal, c’est pour moi une oeuvre importante…

Au bonheur des dames, c’est un peu différent. On est dans le monde commercial et des employés. C’est le roman le moins noir de la série des Rougon Macquart. Le personnage principal commence dans la misère mais le sort lui est favorable, ce qui n’est pas le cas dans les autres romans…

LE QUATRIÈME DE COUVERTURE:

Octave Mouret affole les femmes de désir. Son grand magasin parisien, Au Bonheur des Dames, est un paradis pour les sens. Les tissus s’amoncellent, éblouissants, délicats, de faille ou de soie. Tout ce qu’une femme peut acheter en 1883, Octave Mouret le vend, avec des techniques révolutionnaires. Le succès est immense. Mais ce bazar est une catastrophe pour le quartier, les petits commerces meurent, les spéculations immobilières se multiplient. Et le personnel connaît une vie d’enfer. Denise échoue de Valognes dans cette fournaise, démunie mais tenace. Zola fait de la jeune fille et de son puissant patron amoureux d’elle le symbole du modernisme et des crises qu’il suscite. Zola plonge le lecteur dans un bain de foule érotique. Personne ne pourra plus entrer dans un grand magasin sans ressentir ce que Zola raconte avec génie : les fourmillements de la vie.

Denise découvre le monde des grands magasins, seul endroit où il est encore possible de trouver un emploi, et la fin des petits commerces. Elle commence par la vie difficile des petites vendeuses et gravit les échelons, tout en restant tiraillée par les regrets vis-à-vis des petits commerçants qui l’ont hébergée à son arrivée.

C’est aussi l’histoire de la création des grands magasins, du succès commercial et financier de ceux-ci, écrasant les petits commerces, menant concurrence l’un contre l’autre, jusqu’à la victoire de celui qui se sera le plus agrandi.

C’était d’époque, lorsque Zola l’a écrit… c’est devenu un roman historique pour nous. Il y a beaucoup beaucoup de descriptions, ça c’est typique de l’auteur, mais ça permet de se mettre dans l’ambiance de l’époque. On nous fait lire Zola aux cours de Français mais c’est aussi aux cours d’Histoire contemporaine qu’il est utile.

Jean-Michel Guenassia – Le club des incorrigibles optimistes

Un livre qu’on m’a conseillé, auquel j’ai directement accroché, d’ailleurs, je cite l’auteur:

« Il y a dans la lecture quelque chose qui relève de l’irrationnel. Avant d’avoir lu, on devine tout de suite si on va aimer ou pas. »

En lisant le résumé ci-dessous, j’ai SU que j’allais aimer.

RESUME: « Michel Marini avait douze ans en 1959, à l’époque du rock’n’roll et de la guerre d’Algérie. Il était photographe amateur, lecteur compulsif et joueur de baby-foot au Balto de Denfert-Rochereau. Dans l’arrière-salle du bistrot, il a rencontré Igor, Léonid, Sacha, Imré et les autres, qui avaient traversé le Rideau de Fer pour sauver leur peau, abandonnant leurs amours, leur famille, trahissant leurs idéaux et tout ce qu’ils étaient. Ils s’étaient retrouvés à Paris dans ce club d’échecs d’arrière-salle que fréquentaient aussi Kessel et Sartre. Et ils étaient liés par un terrible secret que Michel finirait par découvrir. Cette rencontre bouleversa définitivement la vie du jeune garçon. Parce qu’ils étaient tous d’incorrigibles optimistes. Il manifeste un naturel épatant pour développer une dispute à table, nous faire partager les discussions entre un Russe communiste et un Hongrois antistalinien. »

Le gamin qui lit ses livres en marchant, qui dévalise la bibliothèque, ça me parle.

Par contre, je n’y connaissais rien, moi, petite Belge trentenaire, à la France des années 50. La guerre d’Algérie, les immigrants, communistes ou pas, en provenance du bloc de l’Est, ça me parlait très peu. J’ai appris de nouvelles choses. J’en ai un peu appris sur Sartre et sur Kessel. Ca m’a déjà donné envie de relire Camus (quoi? quel rapport?) 😀 et de découvrir Kessel (il me semble avoir lu quelque chose de lui, il y a très longtemps, mais j’ignore quoi). De toute façon, rien que savoir qu’il a écrit Le Chant des partisans, LA chanson qui me donne des frissons, ça me donne envie de découvrir son œuvre.

L’aspect « vie parisienne » m’a donné envie de relire Les allumettes suédoises, de Robert Sabatier, portant sur le Montmartre des années 30.

Bref, un livre qui donne envie de lire… quoi de mieux?