Douglas Kennedy – La Poursuite du bonheur

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Editions Pocket (Origine: Belfond 2001)
774 pages

Kate Malone, New-Yorkaise quarantenaire, enterre sa mère dont, malgré un frère, elle a été seule à prendre soin les dernières années. Les obsèques ramènent Charlie, frère prodigue, mais aussi une femme dont Kate ignore tout.

Sara Smythe la contacte le lendemain, se présentant comme une vieille amie de ses parents et lui donne un manuscrit qui l’aidera à comprendre son rôle dans les origines familiales.

De la jeunesse dorée de la fin de la guerre en 1945 aux heures sombres de la chasse aux sorcières de McCarthy, les destins des Smythe et des Malone vont s’entrecroiser et avoir une influence certaine les uns sur les autres.

La vie, tout simplement, avec ses périodes de bonheur et celles de malheur, influencée par nos choix, bons ou mauvais. Tel est l’objet de ce roman de Douglas Kennedy, découvert avec Quitter le monde, dont je m’étais promis de lire d’autres romans. C’est chose faite. Et je suis emballée. De l’amour, des déceptions, des décisions difficiles à prendre, une vraie connaissance de l’existence que vivent la plupart des gens, même si elle est souvent moins mélodramatique et que nos choix ont des conséquences de moindre impact que ceux des personnages de ce roman.

Et ce livre m’a permis d’en apprendre un peu plus sur ce qu’était les Maccarthysme et comment il avait été vécu. Même si ce n’est pas une période qui grandit l’être humain à mes yeux, j’aurai un peu agrandi ma culture générale…

Commencé le 30 décembre à 16h, je pensais que ce roman constituerait l’objet de ma première chronique 2016, mais il s’avère que, finalement, j’aurai pu boucler mon année avec un roman que j’aurai envie de partager avec vous dès après sa fermeture et me permettre d’ainsi participer, sur le fil, pour le mois de décembre, au Challenge de Bianca, du blog deslivresdeslivres

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Ken Follett – L’Hiver du monde (Le Siècle #2)

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Editions Robert Laffont
996 pages

1933, l’Allemagne s’apprête à subir le joug d’un pouvoir totalitaire. Le monde entier se prépare à vivre une période très sombre. Les protagonistes internationaux de La Chute des géants, et surtout leurs enfants, vont être entraînés dans l’horreur de la Seconde guerre mondiale.

Les Von Ulrich, démocrates allemands, les Williams, famille ouvrière anglaise lancée dans la politique, les Fitzherbert, nobles anglais, les Pechkov, russes, communistes restés au pays ou émigrés aux USA, enrichis grâce à la prohibition, les Dewar, politiques américains, tous vont avoir à subir des événements dont ils n’auront pas la maîtrise.

Comme dans le tome précédent, on suit les événements de l’intérieur de chaque nation. La répression subie en Allemagne, même avant le début de la guerre, la montée du totalitarisme en Russie, la surprise connue par les Américains lors de l’attaque de Pearl Harbor, l’occupation en France et la fuite à travers les Pyrénées vers l’Espagne, d’où les Anglais pouvaient rejoindre leur pays.

Un roman qui mêle faits historiques, espionnage, histoires d’amour. Un savant mélange qui fonctionne parfaitement et happe le lecteur jusqu’à son terme, sans qu’il s’aperçoive de sa longueur, tellement chaque instant éveille l’intérêt.

C’est vraiment un survol relativement complet de l’époque. On voit à travers le prisme des décideurs politiques démocrates, mais aussi celui de la population.

Ne me manque plus que le troisième, que j’attends de découvrir avec impatience.

Et ma première participation pour novembre au challenge de Bianca

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Elizabeth Gilbert – L’empreinte de toute chose

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Livre de Poche (Origine Calmann-Lévy)
803 pages

Alma Whittaker naît avec le 19e siècle à Philadelphie d’un père anglais, autodidacte en botanique, qui a fait fortune dans le commerce de la quinine, et d’une mère hollandaise, grande érudite.

Dès son plus jeune âge, Alma est formée à tout ce qui peut développer son esprit: les langues, les mathématiques, les sciences et va vouer sa vie à la botanique.

Sa soif d’apprendre va la mener à découvrir et étudier son environnement, au sens général: la nature, bien sûr, mais aussi son propre corps, ses contemporains et leurs modes de pensée, à travers le monde et le siècle des découvertes.

On ne « dévore » pas ce livre, mais on le savoure. Malgré la longueur du récit, il est dense d’informations. On suit Alma tout au long de son existence, même avant sa naissance, puisque l’auteure débute son roman par le passé de son père, qui aura une influence certaine sur sa vie. Sa vie a été tellement formatée par l’instruction obligatoire donnée par ses parents qu’on se demande comment sa vie va se dérouler, qu’on cherche la faille, le moment où tout va basculer. Mais, hormis quelques instants où elle se « laisse aller », sa quête de connaissance est absolue et va l’emmener bien plus loin qu’on ne pourrait l’imaginer au départ.

Il m’a fallu un certain temps pour le terminer mais je ne l’aurais lâché pour rien au monde.

Et je reprends les participations au challenge de Bianca du blog Des livres des livres

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Ken Follett – La chute des géants (Le Siècle #1)

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Éditions Robert Laffont
997 pages

22 juin 1911

Le jour du couronnement de Georges V est aussi le jour où le jeune Billy Williams, 13 ans, fait sa première descente au fond de la mine galloise où travaillent tous ses concitoyens. C’est un jour important… même sa sœur, employée au « château » du Comte Fitzherbert, propriétaire des terres où se situent les charbonnages, est venue saluer l’événement.

1914

Le Comte, accompagné de sa sœur et de son épouse russe, reçoit le Roi et des amis allemands, autrichiens, français, américains. Tout ce petit monde de la Haute société devise tranquillement de la théorique possibilité qu’éclate un conflit armé en Europe. Pendant ce temps, un coup de grisou se produit au fond de la mine non loin de là et Billy se comporte en héros pour aider ses compagnons d’infortune.

Ce sont tous ces protagonistes et leur entourage proche ou moins proche que nous allons suivre jusque 1923.

Mêlant les personnages romancés aux célébrités historiques, Ken Follett nous fait vivre de l’intérieur tous les événements qui ont marqué cette décade: la première guerre mondiale, bien-sûr, avec les tergiversations quant à l’entrée en guerre ou pas des uns et des autres, mais aussi la révolution russe et l’avènement au pouvoir de Lénine, la montée du syndicalisme qui aide à la mise en place de progrès de sécurité dans les charbonnages et le peu d’entrain qu’y mettent les exploitants, la montée aussi du féminisme, la mise en place du suffrage (quasi) universel, et ces « géants » qui refusent de voir le monde évoluer et sa maîtrise leur échapper.

Nous terminons ce premier tome en Allemagne, où un certain Adolf Hitler vient d’être arrêté pour avoir mené une tentative de coup d’état et où, hormis une partie de la population qui aspire à la paix, le peuple rêve de revanche face à l’humiliation subie lors de la signature du Traité de Versailles.

Une magnifique fresque historique, sur une période que je connaissais peu et à laquelle je m’intéresse un peu plus depuis quelques mois. On vit les événements de l’intérieur, à travers le prisme des habitants de chaque nation impliquée et cette façon de voir les choses nous permet un peu mieux de comprendre certains événements.

J’ai vraiment hâte de lire la suite.

Ernest Hemingway – Pour qui sonne le glas

pour qui sonne le glas

Editions Folio
512 pages
(lu au format numérique)

Robert Jordan, Professeur d’Espagnol dans le Montana, amoureux de l’Espagne s’est enrôlé dans l’armée internationale qui intervient dans la guerre civile. Il est envoyé derrière les lignes franquistes pour dynamiter un pont, pendant qu’une bataille serait engagée. Il enrôle donc des membres de guérilla, cachés dans les grottes des montagnes environnantes et s’intègre à leur vie, pendant 3 jours, le temps de préparer le dynamitage.

Je voulais en apprendre un peu sur la guerre d’Espagne, à propos de laquelle je n’y connaissais rien, et la lecture de romans sur fond historique est, pour moi, la meilleure façon d’allier l’approfondissement de ma culture générale et mes loisirs. Je joins l’utile à l’agréable quoi.

Une amie m’a conseillé celui-ci. Ernest Hemingway est dans un petit coin de ma tête depuis que j’ai dû lire Le Vieil Homme et la Mer à l’école. J’en ai donc profité pour rattraper ce retard dans la lecture d’un classique.

Une histoire d’honneur et un peu d’amour sur fond de lutte fratricide entre les républicains et les franquistes, dans laquelle interviennent des étrangers de tous horizons, le tout mêlé de culpabilité et d’appréhension ou de fatalité face à la mort.

Au fil de la lecture, les souvenirs des uns et des autres, racontés ou pensés, permettent d’apprendre comment ils ont vécu le début de la guerre, voire avant celle-ci, et d’appréhender un peu mieux ce conflit.

Un grand roman à côté duquel il aurait été dommage que je passe.

Et une nouvelle participation au challenge de Bianca du blog Des livres, des livres!

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Jean-Claude Lesellier – Marie des Mimosas

mariedes mimosas_01Editions Baudelaire
106 pages
Reçu en SP

Marie a 82 ans. Elle vit seule dans sa petite maison de Normandie. Ses quatre petits-fils sont presque adultes et ne viennent plus très souvent lui rendre visite. Seul Max, le facteur, passe tous les jours boire sa petite goutte avec elle et discuter un peu des potins du village.

Marie se souvient de sa vie… bien remplie, de malheurs, mais aussi d’amour. Le décès de ses parents, quand elle n’était encore qu’une enfant, les deux guerres mondiales et enfin celle d’Algérie qui lui ont apporté leur lot de malheur, mais aussi d’amour.

Court récit d’une vie, très bien écrit. La petite goutte au facteur, le cochon qu’on tue une fois par an, les mariages traditionnels et même les enterrements… Et si le bonheur résidait dans tous ces petits et grands événements?

Une petite parenthèse d’une soirée de lecture qui m’a fait du bien.

La France au XIIe siècle – Clara Dupont-Monod – Le roi disait que j’étais le diable

imageEditions Grasset – 237 pages

Une époque que je connais mal, le 12e siècle en France. Quand Priceminister m’a contactée pour les matchs de la rentrée littéraire 2014, c’est le livre que j’avais envie de lire.

Aliénor d’Aquitaine, 15 ans, épouse Louis VII, d’à peine deux ans son aîné, fraîchement couronné Roi des Francs, dit « Louis le Jeune ».

Le peu de données certaines quant aux jeunes années de ces souverains laisse la part belle à l’imagination et c’est sur cette époque, leurs 15 années de mariage, que porte ce roman.

La narration est portée tantôt par Aliénor, jeune femme du Sud, élevée dans la langue d’Oc, parmi les troubadours, les seigneurs guerriers et conquérants, les femmes toutes puissantes sur le cœur des hommes, tantôt par Louis, élevé en vue d’entrer dans les ordres, citant les écritures, d’une piété sans faille, couronné seulement parce que son frère aîné, Philippe est mort dans un bête accident de cheval, causé par un cochon…

Chacun d’entre eux va tenter de changer l’autre. Aliénor, convaincue que ce sont les conquêtes et les batailles qui font le grand souverain, le pousse à unifier de force le royaume, troublée par l’image qu’il lui a laissée lorsqu’elle l’a poussé à prendre de force la ville de Vitry et qu’il s’est laissé envahir par l’ambiance du champ de bataille. Louis, sûr de pouvoir la ramener à ses raisons, va l’emmener en croisade vers la Terre Sainte.

Mais leurs différences de vue sont trop importantes…

J’ai fait en parallèle des recherches sur ces souverains que je ne connaissais pas du tout et j’ai aimé découvrir cette histoire de France dont j’ignorais tout. Cette période entre l’empire de Charlemagne et le Royaume de France, où le territoire qui forme aujourd’hui la Belgique était divisé en comtés, vassaux du Roi des Francs, mais préférant commercer avec l’Angleterre.

J’ai trouvé que la fière Aliénor ne mettait pas beaucoup de bonne volonté à s’entendre avec son époux. Quelles certitudes dans les jugements que l’auteure lui prête…

Bref, vous l’aurez compris, un grand intérêt pour moi vis-à-vis de ce livre.