Frédéric Devaux – Un pas, puis d’autres vers Compostelle

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Editions Vérone, 2015
Reçu en Service de Presse

Frédéric Devaux, 40 ans, père de trois enfants, nous livre ici le journal de ses deux mois de pèlerinage vers Compostelle.

Parti de Vézelay, il décrit ses étapes, ses difficultés, ses rencontres, ses états d’âmes, son admiration face à certains pèlerins, mais aussi son rejet face à la marchandisation qui entoure certaines étapes, dont la dernière, censée représenter un aboutissement.

C’est un véritable journal intime qui nous est proposé là.

Je reste personnellement un peu sur ma faim. Hormis quelques réflexions plus personnelles – les passages qui m’ont le plus intéressée ont été les quelques étapes où il était accompagné de ses enfants et les relations engagées (même si je trouve que c’était parfois trop succinct) -, je reste sur l’impression d’un récit d’exploit physique, obtenu grâce à une préparation optimale, de matériel performant, notamment.

Je trouve le narrateur/auteur un peu trop enclin au jugement face à ceux qui ne vivent pas le pèlerinage de la même manière que lui, ce qui, d’un côté, prouve qu’on est dans le récit intime: il ne se cache pas derrière une langue de bois destinée à ménager la chèvre et le chou. Mais il finit par terminer le récit en disant lui-même qu’il y a autant de formes de pèlerinage que de pèlerins. Et c’est cette conclusion que j’ai préféré garder en mémoire de ce récit que j’ai tout de même lu de bout en bout, ce qui prouve que j’y ai, malgré tout, trouvé un certain intérêt, ne fût-ce qu’au regard du chemin parcouru.

Paulo Coelho – Le Pélerin de Compostelle

Compostelle

Je n’avais pas 20 ans quand j’ai lu « L’Alchimiste » de Paulo Coelho. J’ai aimé, indubitablement. Mais ce que je n’ai avoué à personne à l’époque, même à moi-même, c’est que j’étais loin d’avoir tout compris.

Un peu plus tard, j’ai tenté de lire « Sur le bord de la rivière Piedra, je me suis assise et j’ai pleuré »… Je n’ai pas pu le finir, je pense, ou, en tout cas, je sais que je l’ai refermé en ne comprenant pas comment mes proches (plus vieux que moi) avaient pu aimer.

J’ai abandonné là mes lectures de Paulo Coelho.

Il y a quelque temps que je me dis qu’il faudrait que je retente. J’ai 20 ans de plus, une vision de la vie (un peu) plus étendue, (un peu) plus d’expérience. La quête du mystique ne me semble plus autant l’oeuvre de personnes instables… Oui oui, c’est un peu ce que je pensais du haut de mes 16-20 ans, où le réalisme de Zola, le romantisme de Stendhal, les romans policiers (Christie, Cornwell, au moins et encore et toujours) et même l’absurde de Ionesco ou de Jarry (Merci à ma Professeur de Français de l’époque de me les avoir fait découvrir) me semblaient plus dignes d’intérêt.

J’ai trouvé « Le Pélerin de Compostelle » par hasard, chez un bouquiniste et je me suis dit que c’était l’occasion de (ré)aborder Coelho. D’autant que c’est le premier livre de l’auteur; autant (re)commencer par là.

RESUME

Le héros de l’histoire suit depuis des années des voies mystiques l’amenant à la maîtrise de la Tradition (mouvement chrétien datant de 1492). Il pèche cependant par orgueil et pour acquérir l’épée, symbole de cette maîtrise, il doit emprunter le chemin et accomplir le pèlerinage qui le mènera à Saint-Jacques de Compostelle, durant lequel il devra prendre conscience que « l’extraordinaire se trouve sur le chemin des gens ordinaires, que la vérité est pour tous les hommes ».

MON AVIS

C’est une quête, une vraie quête. Je pourrais facilement en faire le schéma actanciel vu et re-revu pendant mes études: sujet-héros, quête et objet de la quête, adjuvants, opposants, … C’est parfois bien difficile dans un récit d’identifier tout cela, mais ici, c’est assez simple… à deux niveaux. Le niveau terre à terre, avec l’épée pour objet de quête tout à fait matériel, et le niveau mystique, avec la quête de la compréhension des « lois universelles », que, selon l’auteur, toute personne « ordinaire » est à même d’appréhender, en suivant sa voie propre et son instinct: « […] tu as oublié que le chemin de la connaissance est un chemin ouvert à tous les hommes, aux gens ordinaires […] »; « Permettre que seuls puissent avoir accès à la véritable connaissance les gens instruits, disposant de temps et d’argent pour acheter des livres coûteux serait une injustice divine. »

Cela me donne envie, cette faculté d’abandonner derrière soi tout le matériel pour suivre un chemin, quel qu’il soit, permettant de se recentrer sur l’essentiel et de chercher un niveau de compréhension supérieur. « Quand on voyage vers un objectif, il est très important de prêter attention au chemin. C’est toujours le chemin qui nous enseigne la meilleure façon d’y parvenir, et il nous enrichit à mesure que nous le parcourons« .

Non que je sois devenue mystique, loin de là, mais mes certitudes de jeune adulte ou de grande ado, selon le point de vue, se sont muées en interrogations et incertitudes et j’aime lire des choses qui tentent d’y répondre, même si je ne prends rien pour acquis, en ce qui concerne le « spirituel ».

Une partie du livre qui me correspond bien: « Le premier symptôme du fait que nous tuons nos rêves est le manque de temps […] Le deuxième symptôme de la mort de nos rêves, ce sont nos certitudes. Parce que nous ne voulons pas regarder la vie comme une grande aventure à vivre, nous commençons à nous juger sages, justes et corrects dans le peu que nous attendons de l’existence […] Enfin, le troisième symptôme de la mort de nos rêves, c’est la paix. La vie devient un dimanche après-midi, elle ne nous demande pas de grandes choses et n’exige pas plus que nous ne voulons donner... »

Je n’ai fait qu’une bouchée de ce livre et j’ai trouvé que c’était là une belle occasion de reprendre la publication d’articles sur ce blog, un peu (beaucoup) laissé à l’abandon ces derniers mois.