Ken Follet – Les piliers de la terre

Tom le bâtisseur a un grand rêve: construire une cathédrale. Il a refusé un travail stable pour arpenter l’Angleterre et trouver un chantier à la hauteur de ses rêves. En ce début d’hiver 1135, après l’annulation du chantier qui devait construire la maison de William, fils de Lord Hamleigh, et de Aliena, la fille du Comte de Shiring, qui refuse absolument de se marier avec ce rustre, il se retrouve sur les routes avec sa femme enceinte, Alfred, son fils de 14 ans, et Martha, sa fille de 6 ans, dépourvu de tout, sans même savoir ce qu’ils pourront manger le jour suivant.

Après bien des malheurs, Tom, ses enfants, ainsi qu’Ellen, rencontrée dans les bois, accompagnée de son fils Jack, se retrouvent au château de Shiring pendant l’attaque menée par les Hamleigh, sous prétexte du soutien du Comte à la fille d’Henri Ier, Maud, écartée du pouvoir par son cousin, l’actuel roi Stephen.

Par bien des détours, ce petit monde, va se retrouver dans la ville de Kingsbridge, en vue, notamment, de rebâtir une cathédrale détruite par un incendie, devoir déjouer des complots destinés à nuire aux projets d’extension de la ville, ainsi qu’à chacun, personnellement, pour une raison ou une autre.

Le Livre de Poche – 1050 pages

Petit retour en arrière, petit moment de ma vie:

J’ai entre 14 et 18 ans ans. Chaque mercredi, je vais à la bibliothèque communale. J’ai droit à 4 livres. En général, je prends une BD et 3 romans, ou 2 et 2. Pour les livres je navigue entre la section jeunesse où je lis les livres de la collection « Signes de piste » (je vais chaque samedi chez les guides, ça me parle) et la section adulte.

C’est ma marraine, professeur de français, grande lectrice, qui me conseille les auteurs qui pourraient me plaire (j’ai déjà fini tous les Agatha Christie disponibles). Je lis tous les livres disponibles pour un auteur quand ses romans me plaisent. Je passe donc, notamment, de Jeanne Bourin à Ken Follet. Pour ce dernier, tous les livres que je lis sont des romans de type espionnage. Ca me plaît beaucoup. Et puis un jour, je prends Les piliers de la terre… et je ne suis pas entrée dans le récit et l’ai lâché, malgré mon goût déjà prononcé à l’époque pour les romans historiques. Cela restera un mystère, mais voilà… je me suis rattrapée!

Comme je l’ai dit dans ma chronique consacrée au roman Le crépuscule et l’aube, c’est après ma lecture des tomes de la saga Le siècle (chroniques ici et ) et à divers avis lus et entendus que Les piliers de la terre ont refait leur entrée dans ma PAL, avec les deux autres romans de la saga Kingsbridge, mais j’ai voulu les découvrir dans l’ordre chronologique, non de leur sortie, mais de leur contenu historique.

En allant poster mon avis très positif du Crépuscule et l’aube sur Babelio, j’ai lu les autres critiques de lecteurs qui étaient plus mitigées. Et c’est en lisant enfin Les piliers de la terre que j’ai compris: époque différente, certes, faits et contextes historiques et autres mœurs, mais pourtant… l’intrigue autour des personnages principaux est vraiment très proche.

Des bâtisseurs, un prieur qui souhaitent ce qu’il y a de mieux pour Kingsbridge, et puis des nobles et autres membres du Haut-Clergé qui ne veulent que leur mettre des bâtons dans les roues, pour leur unique profit personnel.

Il n’en demeure pas moins que les faits historiques dans lesquels se situent nos personnages romancés restent très intéressants de mon point de vue.

J’avais quitté l’Angleterre ciblée par les attaques de Vikings sous le règne d’Ethelred « le Malavisé » et son épouse Emma de Normandie et je la retrouve déchirée par une guerre civile entre le Roi Stephen (Etienne de Blois) et sa cousine Maud (Mathilde de Normandie), petits enfants de Guillaume le conquérant, respectivement neveu et fille d’Henri Ier, pour un trône laissé libre après un naufrage ayant coûté la vie à l’héritier légitime du trône. Le roman se termine sous le règne d’Henri II (fils de Maud/Mathilde), avec l’assassinat de Thomas Becket, archevêque de Canterbury.

C’est donc avec grand intérêt que j’ai suivi cette épopée retraçant l’histoire d’Angleterre entre 1123 et 1174.

Et je suis impatiente de lire Une colonne de feu, déjà en ma possession, se déroulant dans le Kingsbridge du 16e siècle.

Pierre Lemaitre – Miroir de nos peines

Le Livre de Poche – 572 pages
Je n’aurais pas mieux illustré que le dessin de la couverture…

Louise, 30 ans, institutrice, « vieille fille », occupe ses soirées en faisant le service à La Petite Bohème, bistrot de M. Jules, juste en face de chez elle. Un soir d’avril 1940, quelques semaines après le décès de sa mère avec qui elle vivait, un habitué, s’installant chaque soir à la même table, lui fait une étrange proposition.

Sa décision d’accepter va l’entraîner dans le passé de sa mère, puis sur les routes des l’exode, où dans cette période chaotique qui met fin à la la « drôle de guerre », quand lâches et héros se font jour, elle ira à la rencontre de son histoire et de son destin.

Un très bon tableau de ce printemps 1940 où l’invasion de la Belgique par les Allemands met fin à la période dite de la « drôle de guerre », cette guerre déclarée sans combats, pour entamer le conflit ouvert.

Plusieurs intrigues, plusieurs destins se tissent en parallèle et finissent par s’entrecroiser.

Je n’ai pas lu énormément de livres de cet auteur. Robe de mariée m’avait beaucoup plu.

J’avais bien entendu parler de Au revoir là-haut, prix Goncourt 2013, qui se situe chronologiquement pendant et après la 1e guerre mondiale, et qui entame la trilogie « Les enfants du désastre » que termine notre Miroir de nos peines.

J’ai acheté celui-ci un peu au hasard, mais avec en tête la qualité de l’auteur… Ma conclusion et qu’il faut que je lise les 2 autres!

Les remerciements de l’auteur, assortis d’une bibliographie, montrent à quel point il s’est documenté sur cette période trouble et que sa fiction repose sur des faits avérés. Ce qui est toujours, pour ma culture générale personnelle, hautement appréciable.

Chaque intrigue est une histoire individuelle qui pourrait se suffire à elle-même. L’entrecroisement du tout constitue la « cerise sur le gâteau ».

Catherine Lheureux – Les enquêtes de Grégoire Lefebvre

Catherine Lheureux – Les enquêtes de Grégoire Lefebvre

C’est par relations professionnelles interposées que j’ai découvert cette auteure. Mon collègue m’a parlé de policiers historiques, j’ai vu que les livres étaient inclus dans l’abonnement Kindle… j’ai sauté sur l’occasion.

Grégoire Lefebvre, parfait contemporain de Napoléon Bonaparte, Capitaine de la gendarmerie française, a dû quitter son Auvergne natale, par « mutation forcée », pour rejoindre la caserne de Huy, dans la Belgique annexée, 10 ans après la Révolution française.

C’est donc dans la Wallonie de la toute fin du XVIIIe siècle que se déroulent les récits de ses enquêtes.

Le Serment de haine

Lu sur Kindle

C’est à Moha, petit village à proximité de Huy, que le corps sans vie de Nicolas Richelle est retrouvé par son aide-ménagère, en ce mois de juillet 1799. Ce prêtre jureur, ayant accepté de jurer fidélité à la toute nouvelle République française, a été torturé avant de périr. La maison est sens dessus-dessous, tout le monde s’accorde sur la propension du prêtre à s’enrichir. Est-ce pour un simple vol qu’il a été tué? Y a-t-il un lien avec une bande de malfrats ayant sévi dans la région quelques années auparavant? Quel lien a le Chevalier de Mélotte, gentilhomme local, avec l’affaire?

Le Capitaine Grégoire Lefebvre, récemment arrivé de son Auvergne natale, est chargé de l’enquête, mais va se heurter à la méfiance du voisinage et du clergé réfractaire et aux hautes sphères de la région hutoise, dont Richelle semblait proche. Parviendra-t-il à mener son enquête jusqu’à sa résolution?

Un bon roman policier comme je les aime. Une jolie intrigue, différentes pistes et des personnages attachants. Le tout sur fond historique, avec quelques citations en Wallon, qui ajoutent une pointe d’amusement à la lectrice wallonne que je suis. Je le comprends mais ne le parle pas et, ici, je devais lire les phrases à haute voix pour les comprendre (c’est une langue de tradition orale), mais pas d’inquiétude pour le lecteur ne le comprenant pas: tout est traduit dans les notes.

Comme à mon habitude en matière historique, j’ai pu apprendre et vérifier certains faits survenus au cours du récit, telle la crue mémorable de la Meuse survenue en 1799. C’est encore plus édifiant, vu que ça concerne ma région, au sens large puisque je ne suis pas vraiment en bord de Meuse, mais cela reste intéressant, de mon point de vue.

La Peste de Moson

Lu sur Kindle

Nous sommes en mars 1800. C’est le docteur Martin Honlet, rencontré dans Le Serment de haine qui nous fait le récit des faits qui sont survenus 3 mois auparavant.

Le Docteur Honlet est appelé en décembre 1799 dans une ferme de Moson, non loin du moulin de son frère, assassiné quelque temps auparavant par des bandits sévissant dans la région, et où vivent encore sa belle-soeur, enceinte, et ses neveux. C’est le gendarme Philippe Fortaire qui le fait venir, car il pense avoir identifié un cas de peste.

Martin demande à Grégoire Lefebvre de l’escorter jusqu’à Moson, dans la campagne enneigée, afin d’assurer sa protection, au vu des événement survenus, et de lui prêter main forte. Il s’y rend avec inquiétude, même si les conditions pour rencontrer le fléau noir ne lui semblent pas réunies.

Au fur et à mesure de leur présence, d’autres mystères viennent à jour et il faudra toute la sagacité du Capitaine Lefebvre pour démêler les fils de l’intrigue se déroulant devant ses yeux.

Le lecteur se retrouve donc devant une affaire à huis-clos. Que se passe-t-il dans cette ferme, hébergeant des voyageurs? Que s’y est-il passé auparavant? Quel est ce mystérieux mal qui touche certains occupants?

Le style de récit est un peu différent du précédent, puisque c’est un personnage qui est narrateur. Mais, hormis les faits médicaux, il se pose en observateur. Et il s’agit donc bien toujours des aventures de Grégoire qu’on retrouve avec plaisir et nous reprenons le fil de sa vie, quelques mois après le récit précédent.

Quelques personnages historiques font leur apparition dans les souvenirs révolutionnaires de notre capitaine, ce qui n’est pas pour me déplaire – c’est une période qui m’a passionnée, à une époque.

L’Appel de l’ombre

Lu sur Kindle

Mai 1800. C’est à Andenne que nous retrouvons Grégoire Lefebvre, débarqué là par hasard.

Après un mois de pluies torrentielles, c’est le retour du marché dans la cité andennaise. Les adultes sont de sortie, ainsi que les enfants qui s’égaient bruyamment.

Pourquoi donc cet affolement autour de la disparition de la petite Louise, 10 ans? Elle doit s’amuser avec ses amis. Pourtant, on se rend vite compte qu’elle reste introuvable. Le brigadier local, Rambeaux, est ravi d’avoir l’aide du Capitaine Lefebvre pour coordonner les recherches.

Qu’est-il arrivé à Louise? Y a-t-il un lien avec les lettres du corbeau qui n’épargne personne dans la petite ville? Avec cette maison isolée dont les habitants restent cachés? Avec la mort de sa grand-mère maternelle survenue quelque temps auparavant? Le voisinage pointe du doigt la maman de Louise, Clarisse, qui n’aurait pas toute sa tête. Qu’en est-il exactement?

Tant de questions auxquelles l’enquête de Grégoire va tenter de répondre.

Ce troisième volet des enquêtes du Capitaine Lefebvre se rapproche plus du premier, en ce sens qu’il s’agit d’un vrai travail d’investigation, quand le deuxième était plus fait de réflexion et d’observations.

Grégoire reste toujours attachant, avec ses forces et ses faiblesses, et c’est avec plaisir que j’ai suivi le cours de son enquête et son dénouement.

J’ose espérer que d’autres aventures de ce vaillant capitaine de gendarmerie restent à venir sous la plume de Catherine Lheureux. Certains événements dont le fil prend cours dans Le Serment de haine restent à éclaircir et méritent à eux seuls l’écriture d’un roman.

Raphaël Passerin – Le Cas Van Noorden

Raphaël Passerin – Le Cas Van Noorden

La Police est appelée dans un appartement parisien dans lequel 4 corps en état de décomposition avancée ont été retrouvés. Les cadavres, dont 3 sont plus mutilés, sont placés en rose des vents, en boussole. Le 4e, en meilleur état, indique le Nord magnétique.

Qui sont-ils? Que s’est-il passé?

Remontant le temps, après ce prologue, le lecteur va passer la nuit avec 3 amis réunis afin de fêter leurs retrouvailles avec Carl Van Noorden, parti au Canada depuis 7 ans.

L’ambiance va vite tourner à l’orage, jusqu’au point d’orgue: la découverte de leur ami Carl, sans vie, dans la bibliothèque d’Audric.

Alors que tout et tous semblent l’accuser, c’est à Sadegh, son livreur de sushis, grand lecteur de polars et étudiant en droit, qu’Audric va demander de démêler toute l’histoire.

Editions du Val – lu au format numérique – 167 pages

Les Editions du Val, qui m’ont aimablement envoyé cet ouvrage, le présentent comme un « Thriller en huis clos ».

Ce fut pour moi une lecture agréable et facile, prenante sans être stressante, un peu d’humour se mêlant subtilement au récit.

J’aurais peut-être aimé que certains aspects de l’intrigue soient plus développés, et la fin m’a semblé un peu abrupte, mais elle reste logique.

Quoi qu’il en soit, j’ai passé un bon moment de lecture, ne m’en détachant que lorsque j’ai eu le fin mot de l’histoire. Sadegh est attachant et j’apprécierais qu’il devienne un personnage récurrent qu’on puisse retrouver dans d’autres enquêtes.

Ken Follett – Le crépuscule et l’aube

C’est par d’autres lectures et par la série « The Crown » que m’est soudain venue l’envie de mieux connaître l’histoire du Royaume-Uni.

Une collègue m’a rappelé qu’un auteur anglais que j’ai déjà beaucoup lu, d’abord, pour ses romans d’espionnage, ensuite pour sa grande fresque du 20e siècle avait écrit d’autres romans historiques, dont Les piliers de la terre qui est dans ma PAL depuis un moment. J’allais donc m’y pencher lorsque je suis passée au magasin et suis tombée sur ceci

Editions Robert Laffont – 851 pages

Je respecte donc la chronologie et entame mon périple anglais sur les bords de la Manche en cette fin du 10e siècle…

Edgar, jeune homme de 18 ans, vit avec ses parents et ses 2 frères aînés dans la petite ville portuaire de Combe. Il a appris à construire des bateaux avec son père, Charpentier de marine, et est très doué pour ce travail. Il comprend énormément de choses au quart de tour et, même s’il ne sait pas lire, son intelligence est sans nul doute bien supérieure à celle de nombre de ses aînés.

Quand nous faisons sa connaissance, il est sur le point de prendre son envol avec sa bien-aimée, ayant trouvé un travail dans une autre ville. Mais c’était sans compter sur une attaque de vikings qui se produit au même moment et va enclencher le changement de destinée du jeune homme.

Dame Ragnhild, appelée Ragna, est la fille du Comte Hubert de Cherbourg. Normande élevée pour gouverner, son destin va également être chamboulé par cette attaque de vikings dont elle ne sait rien, mais qui enverra chez son père l’ealdorman Wilwulf, venu chercher le soutien des Normands, chrétiens comme lui, face aux guerriers adorateurs d’Odin.

C’est par ces mots que Ken Follett introduit son ouvrage. Nous sommes donc à la croisée des chemins. Le récit porte sur 10 années à partir de 997. L’Angleterre subit les attaques vikings à l’Est et les attaques galloises à l’Ouest. C’est une période sombre. Le Roi peine à marquer son autorité. Les nobles peuvent pratiquement faire ce qu’ils veulent, sans craindre quoi que ce soit. Il suffit qu’une famille pourrie jusqu’à l’os soit à la tête d’un fief pour que la population n’ait qu’à plier l’échine, sous peine d’en subir les conséquences. Mais à la fin du récit, le gouvernement du Roi semble assis sur de meilleures bases.

On trouve également dans ce récit l’influence grandissante de l’Eglise, qui peine encore tout de même à imposer des règles telles que la monogamie, la chasteté des prêtres, etc., et l’apparition des maîtres bâtisseurs, des églises et cathédrales, mais aussi des bibliothèques et des écoles, ouvertes par les moines.

Si le récit commence par un crépuscule, il semble se terminer sur l’aube d’une ère nouvelle, où l’on voit également, notamment, des esclaves (prises de la guerre contre les Gallois) être affranchies.

C’est de cette manière, que j’aime apprendre l’histoire, dans des romans, avec une intrigue qui me donne envie de plonger dans le récit, mais me donnant la possibilité de cerner les personnages historiques cités et m’informer un peu plus à leur sujet par la suite, si j’en ressens l’envie. J’ai ainsi pu faire quelques recherches sur Ethelred « le Malavisé », le Roi de ce récit, et voir ce qui arriva ensuite… mais ça, c’est une autre histoire…

Je ne pensais pas faire la chronique de cet ouvrage de 850 pages aussi vite, mais le jour férié que fut ce jeudi de l’Ascension 2021 m’a permis de n’en faire qu’une bouchée et je quittai les protagonistes historiques et romancés avec peine lorsque j’en tournai la dernière page.

Harper Lee – Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur

Harper Lee – Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur

Etats-Unis, années 30, Jean Louise (surnom Scout) Finch vit avec son père Atticus et son frère Jem. Sa mère est décédée quand elle avait 2 ans. Elle ne s’en souvient pas, donc elle ne lui manque pas. C’est dans une petite ville d’Alabama, Maycomb, qu’elle grandit, une petite communauté, où tout le monde se connaît, voire est vaguement apparenté.

Nous rencontrons Scout au moment de son entrée à l’école primaire. Elle raconte ses journées, ses craintes, ses joies, ses relations avec sa famille, ses amis, ses voisins.

C’est à travers ses yeux que nous apprendrons qu’Atticus est commis d’office pour la défense d’un homme noir accusé injustement du viol d’une jeune femme blanche, et que nous suivrons toutes les implications que ce procès aura sur leur famille, ainsi que pour toute la communauté de Maycomb.

Cela fait tellement longtemps que ce livre est dans ma « liste secrète des livres à lire un jour« . Il fait aussi partie de la liste des 100 livres à lire au moins une fois, proposée par Bianca sur son blog Des livres des livres.

Je n’en faisais pas une priorité, simplement parce que je craignais la lourdeur du sujet, mais en, fait, comme le récit passe à travers les yeux d’une enfant, tout y est allégé.

Le sujet du récit, c’est la peur de la différence, du rejet de celle-ci, même si ces personnes hors norme ne feraient aucun mal aux membres de leur société, tel le geai moqueur qui, selon l’auteure, est le moins nuisible des oiseaux pour les récoltes.

Entre les lignes, il est aussi question de la nécessité d’instruction, d’éducation. Les membres de la communauté les plus réfractaires à la différence étant ceux qui sont le moins intégrés à la communauté scolaire de la petite ville. Ce qu’une enfant de 6 à 8 ans (la durée de l’instruction, du procès et de ses conséquences), fille d’avocat, scolarisée, mais aussi, et surtout (bon, ça c’est mon interprétation personnelle), lectrice, comprend leur semble totalement inconcevable.

Il aurait été dommage que je ne me lance pas dans la lecture de ce roman, très facile à lire – je l’ai lu d’une traite – et qui, je pense, est accessible dès l’adolescence.

Mai 2021

Mai 2021

Déjà 4 ans, donc, que je n’ai plus publié ni avis de lecture, ni création, quelle qu’elle soit.

J’ai bien-sûr continué à lire, lire et lire, encore et toujours… à dessiner aussi, peut-être moins. Je vois que le dernier article sur ce blog remonte à février 2016. Entretemps, j’avais voulu migrer vers une autre plateforme, regroupant mes lectures et mes créations, http://legoutdelire.blogspot.be, mais ça n’aura visiblement duré qu’un an.

C’est revenu me titiller à plusieurs reprises, mais je n’en ai jamais repris le temps. Et voilà que monte une envie de plus en plus forte de vous parler de mes dernières lectures.

Chroniques en préparation:

  • Harper Lee – Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur
  • Catherine Lheureux – Les enquêtes de Grégoire Lefèbvre
  • … à suivre

Gilles Milo-Vacéri – Yem (réécrit) – Tome 1

2016-02-22_18.45.09.jpgEditions VFB
Format numérique

Yem était étudiante en tourisme à Addis-Abeba, avant la Terreur rouge de la fin des années 70. Son père, intellectuel menacé, a fui la capitale et ils vivent maintenant dans un petit village, à cultiver la terre. Yem a eu la chance d’être élevée par un homme moderne, refusant l’excision traditionnelle pour ses deux filles.

Menacée de « rentrer dans le rang » après le mariage (excision et un enfant par an pour lui ôter toute autre pensée de la tête),Yem ne voit aucune issue dans sa situation actuelle, d’autant que son rêve est de pouvoir utiliser ses connaissances en langues et ses études, en dirigeant, par exemple, un hôtel.

Devant ces difficultés, Yem est obligée de quitter les siens et décide de partir vers Djibouti, seule, à pied, au péril de sa vie, mais avec la bénédiction de sa famille, même si personne ne se fait d’illusion quant à la manière pour une femme d’y gagner sa vie.

Mais le rêve de Yem va la porter. Et malgré les dangers et périls qui la suivront tout au long du chemin, elle fera aussi de belles rencontres.

J’ai lu Yem il y a quelque temps, sous sa première mouture. L’auteur m’a demandé si j’accepterais de refaire ma chronique, en tenant compte de son travail de réécriture, destiné, si j’ai bien compris, à une publication papier. 

Je n’ai pas hésité une seconde. Cette histoire visiblement vraie (puisqu’il s’agit d’une rencontre de l’auteur lui-même), d’une vraie héroïne de notre temps (ou presque), se lit d’une traite. 

On souffre avec Yem, on espère avec elle, on la suit tout au long de son périlleux chemin, qui la mènera, on ne peut que l’espérer à la fin de ce premier tome, vers la liberté que connaissent peu de femmes éthiopiennes en ces temps troublés. 

P.D. James – Le Phare

imageEditions France Loisirs (origine Ed. Fayard)
569 pages

Le Commandant Adam Dalgliesh est envoyé avec son équipe réduite, composée de l’Inspecteur principal Kate Miskin et de l’Inspecteur Francis Benton-Smith, sur une enquête « discrète » relative à un « incident » survenu sur l’île de Combe, une île au large des Cornouailles, sur laquelle un nombre très limité de personnes peuvent aller prendre du repos et s’éloigner de leurs obligations trop lourdes pour quelque temps, et sur laquelle le Premier Ministre était en passe d’organiser un sommet international confidentiel.

Un écrivain célèbre a été retrouvé pendu au vieux phare de l’île. Suicide ou assassinat, c’est ce que nos enquêteurs devront découvrir, ainsi que faire la lumière sur les circonstances qui entourent ce décès.

Une enquête à l’anglaise, première lecture pour moi de cette auteure, décédée en 2014. Quant à savoir pourquoi je ne l’avais jamais lue, c’est une vraie question. A moi de remédier à ce manque à l’avenir.

Si je me réfère au Phare, tous les éléments nécessaires à un bon roman policier sont réunis: des enquêteurs attachants, un vrai mystère, un nombre de suspects probables suffisamment élevé pour permettre au lecteur de faire nombre de suppositions, sans toutefois entrevoir la vraie solution.

Bref, un excellent polar, comme je les aime.

Et encore une participation au Challenge de Bianca, du blog Des livres, des livres !

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Maxime Chattam – La Promesse des Ténèbres

screenshot_2016-01-31-08-50-46-1.pngEditions Albin Michel
432 pages
lu au format numérique

Brady et Annabel O’Donnel, respectivement journaliste et flic de New York, sont installés dans le train-train quotidien des couples qui durent. Leurs boulots leur prennent beaucoup de temps. 

Brady vient de boucler son dernier reportage et souffre du syndrôme de la page blanche, ne trouvant pas d’idée originale pour un prochain reportage, lassé des thèmes « habituels ».

C’est alors que Pierre, son ami de toujours, lui propose de rencontrer Ruby, actrice porno « underground » qui, selon lui, pourrait l’orienter vers un sujet intéressant.

Brady consulte le site internet de Ruby avant la rencontre et ce qu’il y découvre va bien au-delà de ce qu’il aurait pu imaginer.

Son rendez-vous avec Ruby va l’entraîner vers les ténèbres les plus profondes de ce monde.

Ce roman nous promet de découvrir ce qui est arrivé à Brady, époux disparu d’Annabel O’Donnel, qu’on a rencontrée dans In Tenebris et revue dans Maléfices (que j’ai visiblement oublié de chroniquer…).

Et on le découvre effectivement, en s’enfonçant encore plus dans la noirceur dont on pensait pourtant avoir atteint les sommets dans la Trilogie du Mal.

Au point que, personnellement, je n’ai pu le lire d’une traite, mais que j’y revenais régulièrement, intriguée et souhaitant coûte que coûte connaître le fin mot de l’histoire, d’autant qu’on sait très bien que Brady finit par disparaître de la vie d’Annabel… et quelle fin! On ne s’y attend absolument pas…

Si vous aimez Chattam, ouvrez-le! absolument!

Et, de nouveau sur le fil, avec ses 432 pages, ce roman me permet de participer, pour janvier, au Challenge de Bianca:

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